Le secret de Margaux

Chapitre 2

RÉSUMÉ DU CHAPITRE 1
2 mars 1313. Margaux de Dente fait le point sur sa vie auprès de
Michel. Elle aurait aimé lui pardonner la disparition
de Lucia. Elle n’y parvient pas.

2.

Les joues boursouflées par la généreuse portion de galette qu’elle venait d’engouffrer, Anne ressemblait à un hamster dont les yeux trahissaient tout le plaisir de la gloutonnerie. Comme Clothilde autrefois, qui m’avait élevée à la place de ma défunte mère, j’avais glissé à l’intérieur de la pâte ces petits grains d’anis vert qui me faisaient me précipiter dans la cuisine, enfant, lorsque la chaleur du four en répandait les effluves dans le château de Dente.

Désormais unique détentrice du savoir culinaire de Clothilde, je trouvais ma raison de vivre dans ces moments partagés avec ma fille, dans son regard empli des mêmes joies simples que les miennes autrefois.

Anne seule me réconciliait avec cette part de moi-même qui me faisait horreur. Cette part de soumission au destin qu’un diable m’avait choisi. Pouvais-je me plaindre pourtant ? Non. D’autres, de mêmes rang et âge que moi, que je croisais lors des réceptions données par le jeune et nouveau baron de Rhedae, étaient déjà fanées par les grossesses à répétition, par la brutalité d’époux plus âgés, taciturnes, belliqueux, parfois d’une laideur repoussante. Je les avais connues rieuses, pleines d’espoir et d’attente malgré la perspective d’un mariage de raison et d’intérêt décidé par leur père. Je pouvais rendre grâce à mon frère de m’avoir promise à Michel. Je n’avais pas à regretter d’avoir honoré cet engagement. Michel était sans conteste le meilleur époux dont j’aurais pu rêver, celui que toutes mes amies de jeunesse m’enviaient.

Pourtant, au plus secret de mes rêves de femme, c’était toujours le visage de Gabriel qui me hantait.
— Pourrais-je en avoir une autre, maman ? S’il te plaît… Juste une. Une toute toute toute petite…

Absorbée par mes pensées, j’avais, un court instant, négligé Anne. Mains jointes par-dessus le plateau de la table dressée en permanence dans la cuisine du manoir, elle me suppliait d’une moue attendrissante.
— Une toute toute toute petite ? Vraiment ? Alors que tu peines à terminer ton lait d’amandes… Est-ce bien raisonnable ?

...

Les rendez-vous de Mireille Calmel

Par Mireille Calmel

Je suis née en décembre 1964, et depuis, je n’ai eu de cesse de me battre contre la maladie, la peur, l’adversité.

Condamnée trois fois par la médecine traditionnelle, j’ai eu la chance, immense, de m’en sortir grâce à ma mère, célèbre guérisseuse dans le midi de la France, mais aussi par l’usage des plantes médicinales, des huiles essentielles et une hygiène de vie rigoureuse.

Ma force, mon énergie, c’est dans l’écoute, le partage avec les autres et surtout, surtout dans l’écriture que je la puise.

Voici vingt cinq ans, j’ai signé mon premier contrat d’édition dans la prestigieuse maison XO pour un roman intitulé “Le lit d’Aliénor” qui allait séduire plus d’un million et demi de lecteurs.

Depuis, j’enchaîne les best-sellers. 32 à ce jour, toujours chez XO, car je suis d’un tempérament fidèle.

Mais cette réussite, c’est surtout à vous, mes millions de lecteurs que je la dois.

Ce sont vos regards qui pétillent, nos rires partagés, nos moments complices qui font mon bonheur. Qui font que la petite fille terrifiée d’hier est parvenue à s’aimer un peu. Juste assez pour rester humble face à tout cela et vouloir vous transmettre le meilleur de ce qu’elle aime, de ce qu’elle connaît.

Sans autre prétention que cela: vous remercier du fond du coeur de votre confiance sans cesse renouvelée.