Le secret de Margaux

Chapitre 3

RÉSUMÉ DU CHAPITRE 2
Margaux et Anne sont dans la cuisine. Théophraste entre et vient s’attabler avec elles. Anne ne veut pas qu’il tue le loup blanc responsable de la mort de plusieurs brebis dans la contrée. Michel survient à son tour et annonce que Gerdre, Bénédicte et leurs deux enfants viennent d’arriver dans le sillage du prévôt. Anne court les rejoindre.

3.

Marie était devenue une jolie jouvencelle de treize ans, dont Gerdre et Bénédicte préparaient le trousseau depuis qu’elle était tombée en amour pour le fils aîné du fèvre-coutelier. L’homme fournissait notre maison en lames de tout usage bien avant les terribles événements de 1306 qui avaient mis fin à mon existence à Dente. J’avais, de ce fait, connu Basile, comme Marie, en son plus jeune âge, et l’avait vu grandir, en force, en habileté aussi, de sorte qu’il se préparait à embrasser le métier de son père avec un talent certain. Michel et moi avions donc tenu à participer aux frais de son apprentissage, les fèvres-couteliers dépendant du maréchal royal qui vendait le métier à cinq sous, auxquels, souvent, s’ajoutaient les amendes des deux jurés surveillant étroitement la profession.

Faire le bonheur de Marie quand je n’avais pu assouvir mon amour secret pour Gabriel m’avait semblé peu de chose. Et pourtant, elle me vouait, depuis que j’avais approuvé et doté ses fiançailles, une tendresse et une dévotion plus grandes encore que par le passé. Je lui eusse demandé de me décrocher la Lune qu’elle aurait tissé, crocheté, tressé tout ce que la Terre porte de fils pour imaginer le moyen de grimper aux cieux et me rapporter cet astre mystérieux. Elle me l’avait elle-même assuré avant que j’affirme n’attendre rien d’elle, encore moins de si démesuré. Je l’aimais comme une fille, par le simple fait aussi qu’elle avait protégé Anne quand elle l’avait dû et la chérissait telle une sœur.

Une sœur qui se jeta dans ses jupons, turbulente et spontanée, comme elle savait l’être, sitôt qu’elle eut bisé Bénédicte.

Bien entendu, sans le manteau qu’elle m’avait laissé pour soin de décrocher de la patère et de lui apporter.

Elle claquait déjà des dents sous la morsure du vent vif et le reproche de Marie quand j’arrivai. J’en rajoutai, sans parvenir à la rallier à notre inquiétude d’adultes. Comment aurait-elle pu se laisser convaincre de se couvrir chaque fois qu’elle sortait ? Ses joues rouges et son œil pétillant trahissaient le feu intérieur qui l’habitait en permanence et lui assurait, depuis sa naissance, une santé de fer. Santé qui faisait dire à Michel que je m’inquiétais à tort et trop souvent. J’aurais sans doute dû, depuis longtemps, en accepter l’évidence. Mais, défiant toute raison, aiguisée par le manque de Lucia, la peur de perdre aussi Anne me tailladait en permanence les entrailles.

— Bénédicte ! As-tu fait bon voyage ? l’accueillis-je enfin en la serrant dans mes bras une fois la capeline fourrée attachée au cou de ma chipie de fille.

...

Les rendez-vous de Mireille Calmel

Par Mireille Calmel

Je suis née en décembre 1964, et depuis, je n’ai eu de cesse de me battre contre la maladie, la peur, l’adversité.

Condamnée trois fois par la médecine traditionnelle, j’ai eu la chance, immense, de m’en sortir grâce à ma mère, célèbre guérisseuse dans le midi de la France, mais aussi par l’usage des plantes médicinales, des huiles essentielles et une hygiène de vie rigoureuse.

Ma force, mon énergie, c’est dans l’écoute, le partage avec les autres et surtout, surtout dans l’écriture que je la puise.

Voici vingt cinq ans, j’ai signé mon premier contrat d’édition dans la prestigieuse maison XO pour un roman intitulé “Le lit d’Aliénor” qui allait séduire plus d’un million et demi de lecteurs.

Depuis, j’enchaîne les best-sellers. 32 à ce jour, toujours chez XO, car je suis d’un tempérament fidèle.

Mais cette réussite, c’est surtout à vous, mes millions de lecteurs que je la dois.

Ce sont vos regards qui pétillent, nos rires partagés, nos moments complices qui font mon bonheur. Qui font que la petite fille terrifiée d’hier est parvenue à s’aimer un peu. Juste assez pour rester humble face à tout cela et vouloir vous transmettre le meilleur de ce qu’elle aime, de ce qu’elle connaît.

Sans autre prétention que cela: vous remercier du fond du coeur de votre confiance sans cesse renouvelée.