RÉSUMÉ DU CHAPITRE 9
Margaux découvre qu’une partie de l’or et de la poudre de diamant que contenaient les coffres cachés dans la maison de sa grand-mère a été volé. Elle est convaincue que le coupable est Othon d’Aure et que de nouveau il complote dans l’ombre pour la briser.
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Dès lors que la rage et la volonté d’empêcher Othon d’Aure de nuire encore firent bouillir mon sang, je ne fus pas longue à remonter à l’étage, une fois, deux fois, trois fois, pour redescendre d’autant dans la cave et remplir mes besaces. Priorité à l’or. Ensuite, si je n’avais d’autre choix, à la nuit tombée je quitterais la maison par l’arrière, je longerais le fleuve et j’y déverserais la poussière de diamant.
Ma décision prise, ce qu’il restait d’hydromel accroché au pommeau de ma selle pour le cas où je faiblirais, je détachai enfin la Grise et sortis en prenant soin de reverrouiller derrière moi.
Pressée de fuir cet endroit, ma mule ne se fit pas prier pour avancer cette fois. J’étais remontée dessus, capuchon rabattu sur les yeux, le bas de ma cape doublée recouvrant les sacoches autant que mes genoux. Je gagnai la rue principale en me faisant aussi discrète que possible au milieu des passants et du bourdonnement de la cité. Rien ne trahissait mon rang, la fortune que je cachais. J’en étais convaincue. Pourtant, je dus lutter en permanence contre moi-même pour ne pas regarder derrière mon épaule, craignant malgré moi d’être épiée, suivie.
Sexte sonnait au clocher de l’église Notre-Dame lorsque je quittai les fortifications par la porte ouest, laissant derrière moi ceux qui trépignaient au péage.
Si sortir ne coûtait rien, entrer dans la cité rapportait une manne rondelette à l’archevêché, le prix du passage n’ayant cessé d’enfler ces dernières années. Semblable à une houle tenace, la grogne enveloppait la file des voyageurs et des camelots. Tous se plaignaient au sergent au moment de payer. Particulièrement la soldatesque royale, laquelle, n’ayant guère à s’occuper dans les commanderies templières qu’elle gardait encore pour le roi de France, venait dépenser sa solde dans les tavernes. Un moment les habitants avaient espéré que la présence de cette armée rendrait la ville plus sûre. Ils avaient vite déchanté. Ces diables-là cuvaient leur vin en querelles qui tournaient vite au pugilat au mitan des ruelles. Il fallait attendre le couvre-feu et la fermeture des portes pour dormir en silence. Et permettre ensuite aux malfaisants d’entre les murailles de les remplacer.
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