Mardi 24 février 2026
Mes bien chers vous,
Il y a des auteurs qui racontent des histoires. Et puis il y a ceux qui, dès les premières lignes, installent une sensation, presque physique, une tension qui s’insinue lentement, comme un courant d’air dans une pièce close.
David S. Khara appartient à cette seconde catégorie.
Auteur français de thrillers reconnu, passionné d’astronomie et membre de la ligue de l’imaginaire, il s’est imposé avec des scénario pour le cinéma et la TV, mais surtout avec ses romans mêlant tension psychologique, enjeux géopolitiques et fond historique solide. Au point d’intégrer, en 2015, l’International Thriller Writers, association américaine d'auteurs de thriller et en juillet 2016 d’être invité à New York par le FBI. De cette rencontre naitront les personnages de l’un de ses romans, Atomes crochus.
Ses séries et ses one-shots ont en commun une même exigence documentaire et un goût prononcé pour les zones grises : celles où la morale vacille, où les certitudes s’effritent. Traduit à l’étranger, salué pour la densité de ses intrigues et la puissance de ses constructions, il a su fidéliser un lectorat qui cherche à la fois l’adrénaline et la profondeur. Car depuis plusieurs années, il explore les marges du réel, ces territoires où la science cesse d’être une promesse pour devenir une inquiétude.
Chez lui, le savoir n’est jamais neutre. Il fascine autant qu’il dérange. Il éclaire autant qu’il menace.
Et c’est ce qu’on aime.
Avec son nouveau roman : Le Laboratoire des Ombres, sous-titré Embraser le monde,
David poursuit ce travail d’équilibriste entre maîtrise et vertige et nous entraîne dans le Londres de 1841, une ville en pleine révolution scientifique, vibrante d’innovations… et d’inquiétudes. L’électricité fascine. Les laboratoires s’animent. Les découvertes de Michael Faraday ouvrent des perspectives vertigineuses. Mais dans l’ombre, d’autres forces s’organisent.
Tout commence par un événement mystérieux : un paquet livré discrètement, un fonctionnaire retrouvé mort, une invention capable de bouleverser l’équilibre du monde. Très vite, l’affaire dépasse le simple cadre criminel. Elle devient politique. Internationale. Explosive.
Au cœur du récit, un agent secret britannique, Ashton, chargé de comprendre ce qui se trame. Face à lui, des intérêts occultes prêts à tout pour s’emparer d’un savoir qui pourrait devenir une arme.
Dès les premières pages, quelque chose vacille. Une intuition. L’impression diffuse que le monde que l’on croyait stable repose en réalité sur des lignes de faille invisibles. Khara ne brusque pas son lecteur, il l’attire, doucement, vers cette zone d’incertitude où tout peut basculer.
Son écriture, précise, presque chirurgicale, laisse pourtant filtrer une inquiétude plus profonde. Car derrière l’intrigue, dense, rigoureusement construite, se dessine une question plus vaste : que devient l’homme lorsqu’il dépasse les limites qu’il s’était lui-même fixées ?
Il n’est pas ici seulement question de science, mais de pouvoir. De contrôle. De cette tentation ancienne de vouloir maîtriser ce qui, par essence, nous échappe.
Les personnages, eux, avancent comme en équilibre sur un fil. Rien ne leur est donné. Chaque choix les engage, les expose, les transforme. Et c’est peut-être là que réside la véritable force de ce roman : dans cette manière de rappeler que les plus grandes catastrophes ne naissent pas toujours du chaos, mais parfois d’une logique parfaitement maîtrisée.
Et je ne suis pas la seule à le penser. Il suffit d’aller jeter un bref coup d’oeil sur Babelio.
Avec Le Laboratoire des Ombres, David S. Khara signe un texte tendu, habité, qui ne cherche pas seulement à captiver mais à troubler. À faire naître, au détour d’une page, ce léger frisson qui persiste bien après la lecture.
Comme une ombre que l’on croyait avoir laissée derrière soi… et qui pourtant continue de nous suivre.
Elle marche encore dans mes pas. À quand dans les vôtres?
Belle soirée à tous.
Je vous embrasse,
Mireille
Septembre 2017. Les vendanges du polar, Lisle sur Tarn. Avec Franck Thilliez et David Khara