Mes biens chers vous,
Avec le printemps, les salons du livre fleurissent et je sais que nombre d’entre vous se promènent le week-end en quête, non pas d’une signature sur une page, mais d’un sourire, d’un échange duquel vous ressortirez avec le sentiment de n’être plus anonyme. Voici pourquoi, durant des années, j’ai sillonné les routes, à votre rencontre et dans l’unique but de partager avec vous ce moment, aussi important pour moi qu’il l’est pour vous. Au fil des années, je n’ai pas seulement serré des mains, embrassé des joues, posé pour une photo, écouté vos histoires, vos douleurs secrètes, vécu avec vous vos rires et vos larmes, vos découragements et vos victoires. J’ai été le témoin de vos vies. Rêvées, accomplies, brisées.
Je ne m’en suis pas nourrie à l’inverse d’autres auteurs. J’ai noué ces liens qui plus de vingt ans après vous ramènent vers moi et font que mon histoire est autant devenue vôtre que la votre est devenue mienne. Il n’y a pas de vous dans mes livres, il y a le souffle de vos pas, il y a la confiance, l’abandon de vos peurs dans la vérité d’un moment qui n’appartient qu’à nous. Il n’y a pas de secret dans mes livres, il y a vos envies, vos mystères, vos faux pas et la promesse de s’en relever toujours et encore.
Voudrais-je faire plus? Oui. Vous accompagner sur le chemin le plus longtemps et le mieux possible, comme je l’ai fait pour ceux d’entre vous qui ne sont plus et qui ont eu besoin de moi.
Voudrais-je faire mieux? Je m’y emploie, avec modestie et sincérité. Par l’écrit, par les mots, par le geste.
Mais je ne peux pas changer ce que je suis. Cette petite fille qui connait la valeur du temps qui passe, l’émotion des jours perdus, le rire de l’âme et l’innocence vaincue. Cette petite file qui a rêvé si fort qu’elle était écrivain qu’elle continue de repousser les limites d’elle même et du possible.
Non que cela me coûte. J’ai appris à rester en harmonie avec moi même. À me protéger pour mieux protéger ceux que j’aime. Mais chaque livre est un défi. Chaque histoire me broie les tripes. Chaque pesonnage me hante jusqu’à l’oubli. Et quand l’un se termine, un autre prend sa place.
Pourquoi ces confidences, aujourd’hui? Parce qu’une fois de plus, avec la sortie de l’Or Maudit, je suis dans le doute, dans l’espoir, dans le regret… Vous connaissez cela: Ai-je réussi à transmettre ce que je voulais? À émouvoir comme j’ai été émue? Vont-il aimer cette histoire qui m’a coûté tant de nuits blanches et de renoncement? Où me suis-je trompé? Pourquoi? Quand?
Je me ronge, je pense que le monde va s’écrouler. Non pas mon monde, mais le votre parce que ce livre là, forcément, sera celui de trop, celui que vous n’aimerez pas.
Et puis le miracle se renouvelle. Vous placez ce roman en tête des ventes et vos messages chargés de tendresse, de reconnaissance, d’émotion, de félicitations arrivent, saturent ma boite mail, Messenger… et de nouveau je me sens à ma place.
Je redeviens votre amie de l’ombre et l’écriture coule à nouveau, fluide, entre mes doigts.
Alors ce soir, je voudrai seulement vous dire merci. Merci d’avoir accueilli le secret de Margaux qui cartonne sur Amazon. Merci d’attendre avec impatience Morgan des Brumes ( ce sera pour mai 2025) et merci de donner à l’Or Maudit cette place dans vos coeurs qu’il a trouvé dans le mien.
Merci d’avoir fait une place aux petits livres jeunesse publiée avec ma petite fille Eléonore.
Merci de vous être précipités sur le tome 3 de l’adaptation BD du “Lit d’Aliénor”
Je vous serrerai dans mes bras , je l’espère, le week end prochain à Cosne-Cours -sur Loire et à Mennecy les 8 et 9 juin.
Mais aussi tout le reste de l’année, où que je sois, comme une brassée de fleurs des champs qui embellie mon quotidien.
Mireille
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