Mes biens chers vous,
Avant de découvrir la semaine prochaine le premier chapitre du mini-roman La Reine Pirate, laissez-moi vous présenter celle dont l’âme indomptable a inspiré chaque ligne : Grace O’Malley, Gráinne Ní Mháille ou Gráinne Mhaol, comme la nomment les Irlandais. Les anglais eux la surnommaient The Pirate Queen.
Grace est née vers 1530 dans le comté de Mayo, sur la côte ouest de l’Irlande, probablement à Clare Island ou Belclare. Elle est la fille d’Eoghan Dubhdara Ó Máille, chef du clan O’Malley, une dynastie maritime puissante contrôlant la baie de Clew.
Baie de Clew 18eme siècle
Grace hérite très tôt d’un tempérament farouchement indépendant. Selon la légende, adolescente, elle aurait voulu accompagner son père en mer. Comme on lui répondait que ses longs cheveux s’emmêleraient dans les cordages, elle les aurait coupés d’un coup de dague — ce qui lui valut son surnom Mhaol, “la tondue”.
Quelques années plus tard, elle épouse Dónal O'Flaherty, un seigneur de clan belliqueux du Connemara, avec qui elle aura trois enfants, deux fils et une fille. Après la mort brutale de Dónal dont elle était très éprise, elle reprend la mer et construit sa propre flotte.
Elle se remarie ensuite avec Richard-in-Iron Burke, un mariage d’alliance qui lui assure un pied dans la forteresse de Rockfleet qu’elle convoite. Un an plus tard, elle “divorce” de son encombrant époux mais garde la forteresse (qui lui assure une position stratégique sur la baie de Clew) et leur fils, Tibbot, encore au berceau. Elle élèvera seule ce dernier comme elle l’a fait auparavant de ses frères et de sa sœur.
Dès ce jour, à la tête d’une solide flotte de 20 navires dont deux galères, elle mène des raids sur les bâtiments anglais et espagnols, exige des tributs des autres seigneurs de la mer, et contrôle plusieurs châteaux et routes maritimes du Connacht.
En 1593, ses fils et son frère sont capturés, emprisonnés et torturés par Richard Bingham, gouverneur brutal envoyé par Londres pour « pacifier » l’Irlande.
Impossible pour Grace de rester les bras croisés.
À plus de 60 ans, elle traverse la mer d’Irlande pour demander audience à la reine Élisabeth Iʳᵉ, ce qui donne lieu à une scène restée célèbre. Les deux femmes, adversaires par nécessité mais semblables par leur puissance, échangent en latin et concluent une trêve provisoire.
Certaines sources disent que Grace aurait refusé de s’incliner devant la reine, car elle ne reconnaissait aucune souveraine au-dessus d’elle en Irlande.
Grace O’Malley ne fut pas une pirate au sens romanesque du terme. Elle fut plus que cela : une stratège, une mère, une reine sans couronne, mais dont l’autorité régna sur la houle et sur les îles. Elle fut à la fois mère louve, femme de guerre et amante libre. Jusqu’au bout, elle le resta.
Elle vécut ses dernières années à Rockfleet Castle dans le comté du Mayo. Elle s’y éteignit l’année même de la mort d’Élisabeth Iʳᵉ en 1603 et fut enterrée dans l’abbaye de Clare Island près du manoir édifié par son père.
Dans ce mini-roman, j’ai voulu faire entendre sa voix.
Vous la découvrirez sonnant de la corne de brume dans les cromlechs pour appeler les chefs de clans irlandais, attaquant un bastion anglais, pleurant de rage sous les falaises du Connacht, défiant Richard Bingham depuis le pont du Dark Queen, son navire de tête. Ou encore face à la Reine d’Angleterre, Elisabeth Tudor, à Londres, dans un face-à-face inoubliable.
Telle qu’elle fut et plus encore. Telle que je l’ai ressentie et aimée.
Alors, prêts à prendre le large ?
Cette fois encore, l’Histoire, petite et grande, vous attend.
Je vous embrasse
Mireille
PS: ce mini-roman sera intégré avec les précédents (Abysses et la Lionne Sanglante) dans le recueil “LES FILLES DU VENT” à paraître fin juin 2025 sur KDP. (environ 300 Pages, 20€)
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