Kessel

PRELUDE AU ROMA LE MASQUE ET LA LAME: L'illusion du carnaval

Mardi 6 mai 2025

Mes biens chers vous,

Quand la brume hivernale se lève sur la lagune, une autre Venise se réveille. Une Venise faite de soie, de dorures, de murmures et d’enchantements. Aujourd’hui, je vous entraîne dans le faste du Carnaval de Venise, tel qu’il éblouissait l’Europe entière au XVIIIe siècle.

Le Carnaval remonte officiellement à 1296, lorsque le Sénat vénitien déclara un jour férié précédant le Carême. Mais les racines de cette fête païenne plongent plus profondément encore, dans les antiques rites romains de Saturnales, où l’ordre social était momentanément inversé.

À Venise, la fête se transforma en un subtil jeu de masques : l'anonymat offrait liberté et égalité, abolissant temporairement les barrières entre nobles et roturiers, hommes et femmes, puissants et démunis.

Sous la République Sérénissime finissante, le Carnaval se vit offrir un règne de plusieurs mois : de l’Épiphanie jusqu’au Mardi Gras, parfois même prolongé selon les humeurs du Doge.

La ville entière devenait théâtre. Chaque campo accueillait funambules, saltimbanques, opéras de rue et commedia dell’arte

Mais c’est dans les théâtres, les casinos et les ridotti que se jouaient les drames les plus palpitants… souvent hors de scène.

Chaque masque portait son langage :

  • La baùta, blanche et rigide, permettait de boire et parler sans être reconnu – les nobles la portaient même au Conseil des Dix.

  • La moretta, ovale noire et muette, se fixait avec un bouton entre les dents – réservée aux femmes mystérieuses.

  • Le gnaga, masque de chaton avec robe féminine, moquait les femmes mais cachait souvent un homme libertin.

Certains nobles passaient commande de masques parfumés au musc ou à la fleur d’oranger. On racontait que l’odeur seule suffisait à faire succomber une amante dans l’ombre d’un couloir…

Avec la chute de la République en 1797 et l’entrée des troupes napoléoniennes, le Carnaval fut interdit. Trop libre. Trop subversif. Trop vénitien.

Il faudra attendre 1979 pour que le Carnaval renaisse officiellement, grâce aux artistes et artisans maschereri qui refusèrent d’oublier l’âme de Venise.

Et voici à quoi il ressemble aujourd’hui:

Le Carnaval, c’est cette permission de redevenir flamme sous le vernis des convenances. Celui qu’adopta la Contessa…

Et vous, quel masque porteriez-vous, si l’on ne vous reconnaissait plus ?

A la semaine prochaine…

Je vous embrasse

Mireille

Les rendez-vous de Mireille Calmel

Par Mireille Calmel

Je suis née en décembre 1964, et depuis, je n’ai eu de cesse de me battre contre la maladie, la peur, l’adversité.

Condamnée trois fois par la médecine traditionnelle, j’ai eu la chance, immense, de m’en sortir grâce à ma mère, célèbre guérisseuse dans le midi de la France, mais aussi par l’usage des plantes médicinales, des huiles essentielles et une hygiène de vie rigoureuse.

Ma force, mon énergie, c’est dans l’écoute, le partage avec les autres et surtout, surtout dans l’écriture que je la puise.

Voici vingt cinq ans, j’ai signé mon premier contrat d’édition dans la prestigieuse maison XO pour un roman intitulé “Le lit d’Aliénor” qui allait séduire plus d’un million et demi de lecteurs.

Depuis, j’enchaîne les best-sellers. 32 à ce jour, toujours chez XO, car je suis d’un tempérament fidèle.

Mais cette réussite, c’est surtout à vous, mes millions de lecteurs que je la dois.

Ce sont vos regards qui pétillent, nos rires partagés, nos moments complices qui font mon bonheur. Qui font que la petite fille terrifiée d’hier est parvenue à s’aimer un peu. Juste assez pour rester humble face à tout cela et vouloir vous transmettre le meilleur de ce qu’elle aime, de ce qu’elle connaît.

Sans autre prétention que cela: vous remercier du fond du coeur de votre confiance sans cesse renouvelée.