Kessel

PRELUDE AU ROMAN LE MASQUE ET LA LAME: Les couvents libertins du 18eme siècle.

Mardi 20 mai 2025

Mes biens chers vous,

Au XVIIIe siècle, Venise était un théâtre de contrastes saisissants, où la ferveur religieuse cohabitait avec une vie mondaine effervescente. Les couvents, loin d'être de simples lieux de recueillement, étaient souvent au cœur de cette dualité, devenant des espaces de sociabilité et, parfois, de libertinage.​

Cela n’avait rien d’étonnant en vérité.

De nombreuses jeunes filles issues de la noblesse vénitienne y étaient envoyées, non par vocation religieuse, mais pour des raisons économiques ou sociales. Ces institutions offraient un cadre où la clôture n'était pas toujours strictement observée, permettant des interactions avec le monde extérieur. Les parloirs, en particulier, étaient des lieux de rencontre prisés, où les religieuses pouvaient converser avec des visiteurs masculins, parfois de manière très libre.

Illustrant la porosité entre le sacré et le profane, Francesco Guardi en témoigne dans sa célèbre toile: Le parloir

Sur le site: http://mavenise.blogspot.com/2012/08/le-libertinage-des-religieuses.html

on peut lire:

Grand était le libertinage chez nos religieuses, lesquelles au début vivaient sans être cloîtrées, si bien qu'elles pouvaient accueillir toute personne qu'elles désiraient dans l'enceinte sacrée.

Parfois, sous le prétexte d'une santé fragile, elles se faisaient accorder le permis de séjourner pour plusieurs semaines dans leurs familles. Mais en réalité elles partaient pour un séjour à la campagne avec leurs amants sur la terre ferme. Sanuto raconte qu'en 1509 les sœurs de la Celestia admirent dans leur couvent une bande de jeunes patriciens avec lesquels elles dansèrent toue une nuit au son des fifres et des trompettes.

Et puisque la mauvaise habitude s'était répandue en dehors de Venise, nous lisons encore sus la plume de Sanuto : le 6 mai 1519 se tint une audience concernant les monastères de la régions qui sont de vrais lupanars

La clôture ayant été instituée, les scandales s ne cessèrent pas pour autant. Il n'était pas rare que les religieuses, grâce à des entremetteuses habiles, rejoignent le but désiré.

On peut lire que des hommes furent retrouvés cachés dans leurs cellules, que des personnes masquées venaient les divertir dans leur parloir, que des jeune gens venaient faire banquet pendant qu'elles les regardaient à travers les grilles, qu'elles y prenaient même part, les jeunes hommes leur passant à travers les grilles des pailles adéquates leur permettant de boire dans leurs verres.

Quelques unes, comme la sœur Maria de Riva,  se permettait même de sortir la nuit travesties avec leur amant et de fréquenter quelque banquet.

De tout cela on a la preuve par les procès pénaux de l'époque et par divers écrits qui, outre les choses déjà dites, déplore les vêtements mondains des religieuses, le manque de discipline et le total désordre qui sévissait les derniers temps, sinon dans tous, mais au moins dans quelques uns des couvents de la cité.

Anecdotes historiques vénitiennes" - 1897 -Giuseppe Tassini - Claude Soret pour la traduction.

Giuseppe Tassini n’est pas le seul à avoir évoquer le libertinage des couvents vénitiens.

Casanova l’a fait avant lui dans ses mémoires.

Ces relations, bien que scandaleuses, étaient révélatrices d'une époque où les frontières entre la vie religieuse et la vie mondaine étaient parfois floues. Les couvents pouvaient ainsi devenir des lieux de passions secrètes, à l'abri des regards, mais non des rumeurs.​ Particulièrement au moment du carnaval

Celui-ci, avec ses masques et ses festivités, offrait une période où les conventions sociales étaient suspendues. Les religieuses elles-mêmes participaient parfois à ces célébrations, profitant de l'anonymat pour s'adonner à des plaisirs mondains. Cette période accentuait la dimension libertine de la société vénitienne, où le sacré et le profane se mêlaient étroitement.​

Loin de choquer, cette coexistence de la dévotion religieuse et du libertinage reflétait les tensions d'une société en mutation. Les couvents, tout en étant des lieux de spiritualité, étaient aussi des miroirs des aspirations et des contradictions de la noblesse vénitienne. Ils incarnaient une époque où les apparences pouvaient dissimuler des réalités bien plus complexes.​

Comme celles tenant le coeur de notre chère Contessa.

Voyons, dans ces quelques passages non exhaustifs, ce que dit d’elle Casanova, bien qu’elle ait contribué à son incarcération aux Plombs quelques mois seulement avant que ne débute Le masque et la Lame. Eh non, nous ne le verrons pas, du coup, dans cette intrigue. 😉

« Le lendemain matin, étant dimanche, je pris soin d'assister à la messe au couvent, élégamment vêtu. L'après-midi, je me masquai de nouveau, et à l'heure convenue, je me rendis chez la comtesse, qui m'attendait. Nous allâmes en gondole à deux rames et atteignîmes le couvent sans avoir parlé d'autre chose que du temps. À notre arrivée, la comtesse demanda M.M. [...] Nous fûmes conduits dans un petit parloir, et quelques minutes plus tard, une religieuse entra, se dirigea vers la grille, toucha un ressort, et fit tourner quatre carrés de la grille, laissant une ouverture suffisamment grande pour permettre aux deux amies de s'embrasser. »

« Une nuit froide, une gondole à deux rames accosta le rivage, et un homme masqué en descendit. Pensant à un piège, je m'apprêtais à fuir lorsque M.M. retira son masque. Nous marchâmes bras dessus bras dessous en direction de la Piazza San Marco, vers San Moisè. »​

« Je sors en religieuse, me dit-elle, mais j'ai là une garde-robe complète pour me transformer en femme du monde et même pour me masquer. »

« Vous serez masqué, et vous n’irez qu’à une heure et demie de la nuit [...] Vous monterez l’escalier qui est en face de la porte de la rue, et au haut de l’escalier vous verrez à la lumière d’une lanterne une porte verte que vous ouvrirez pour entrer dans l’appartement, que vous trouverez éclairé. Vous me trouverez dans la seconde pièce, et si je n’y étais pas encore, vous m’attendriez quelques minutes. »​

Alors? Prêts à rencontrer la Contessa? Ne vous y trompez pas, son sourire est aussi affuté que la lame sous son habit de religieuse et la cicatrice de ses brûlures sur ses seins dénudés risque fort de vous condamner à partager le goût de sa vengeance…

J-3…

Je vous embrasse.

Mireille

Les rendez-vous de Mireille Calmel

Par Mireille Calmel

Je suis née en décembre 1964, et depuis, je n’ai eu de cesse de me battre contre la maladie, la peur, l’adversité.

Condamnée trois fois par la médecine traditionnelle, j’ai eu la chance, immense, de m’en sortir grâce à ma mère, célèbre guérisseuse dans le midi de la France, mais aussi par l’usage des plantes médicinales, des huiles essentielles et une hygiène de vie rigoureuse.

Ma force, mon énergie, c’est dans l’écoute, le partage avec les autres et surtout, surtout dans l’écriture que je la puise.

Voici vingt cinq ans, j’ai signé mon premier contrat d’édition dans la prestigieuse maison XO pour un roman intitulé “Le lit d’Aliénor” qui allait séduire plus d’un million et demi de lecteurs.

Depuis, j’enchaîne les best-sellers. 32 à ce jour, toujours chez XO, car je suis d’un tempérament fidèle.

Mais cette réussite, c’est surtout à vous, mes millions de lecteurs que je la dois.

Ce sont vos regards qui pétillent, nos rires partagés, nos moments complices qui font mon bonheur. Qui font que la petite fille terrifiée d’hier est parvenue à s’aimer un peu. Juste assez pour rester humble face à tout cela et vouloir vous transmettre le meilleur de ce qu’elle aime, de ce qu’elle connaît.

Sans autre prétention que cela: vous remercier du fond du coeur de votre confiance sans cesse renouvelée.