Et bien voilà! La semaine dernière je vous promettais les merveilles de Ténérife, ses terres enchanteresses chargées d’histoire, blablabla… Je n’ai réussi qu’à plonger dans l’une des retenues de lave formant bassin naturel, sous un ciel, non pas bleu d’azur, mais rouge de Calima ( vent de sable en provenance du Sahara). Le lendemain, grosse fièvre ( ce qui ne m’arrive que fort rarement), jambes flagada et sensation de porter tout le poids du monde sur mes épaules.
Sacréboudiou! me suis-je dit. Pas de ça ici! Je fais comme si!
Eh bien non.
Une heure plus tard j’étais au lit, deux de plus et je commençais à comprendre.
Ce n’était pas la première fois.
Mais où? Quand? Comment, sacrebleu?
L’avion, forcément. Trois heures trente de confinement à respirer les miasmes hivernaux des passagers… Ça a du sens, mais ça ne me console pas pour autant.
Espérant encore ( faiblement certes, mais qui ne tente rien…) sauver mes vacances avec un remède miracle issu des forets primaires et jalousement gardé in situ, je me suis rendue dans un centre de santé, épaulée par mon vaillant chevalier de mari et l’amie Juju qui nous avait invité dans son beau pays ( traductrice obligatoire, ici on ne parle pas le français et moi, l’espagnol, depuis l’Inquisition, j’évite… ah l’humour covid! m’avait manqué tiens…)
Une fois là-bas, je poireaute… si si, le terme est bien choisi. J’ai vraiment eu l’impression d’être un poireau, ramollie de la feuille et molle d’en dessous.
Pas étonnant: 10,6 de tension.
—Faites un test covid, me dit-on. (Pour le cas où je n’y aurai pas pensé). Et prenez du Doliprane.
—Ça ne va pas être possible. Je suis allergique au paracétamol.
—De l’aspirine… C’est pas trop conseillé, mais bon…
—Conseillé ou pas ça ne change rien. Je suis allergique aussi.
Je m’empresse d’ajouter que c’est pareil pour l’ibuprofène. Au cas où ce serait le troisième choix de cette fort sympathique doctoresse.
Là, ça ne coupe pas, elle me regarde avec cet air de profonde commisération qu’ils ont tous quand je déroule la liste de mes intolérance et allergies médicamenteuses et ajoute:
—Ça ne va pas être facile pour vous dans les jours à venir.
—Oh, vous savez, j’en ai connu d’autres et des pires, la rassurai-je afin que mes déboires n’affectent pas le restant de sa journée.
Il suffisait bien assez que la mienne soit gâchée.
Durant le trajet retour, je me dis: c’est pas grave. Je connais la bébête. Je sais ce qu’elle provoque chez moi. Un petit coup d’huiles essentielles de ravindsara, de laurier noble et de tee tree, et hop, dans trois jours, masque canard sur le nez, je reprends mes visites dans les endroits bien ventilés et rarement fréquentés. Histoire bien évidemment de ne contaminer personne. Quant à la fièvre, m’aurait rappelé ma petite maman guérisseuse, jusqu’à 39°5, c’est une alliée. Plus qu’à lui laisser faire le boulot.
Voici pourquoi, hier, je n’ai rien posté, mes chers lecteurs. 39,3° au compteur. J’ai dormi toute la journée, ne soulevant un cil que pour vérifier ma température ( que j’aurai fait tomber avec un bain froid s’il y avait eu nécessité), boire en alternance et très régulièrement eau+ jus de fruits et appliquer mes précieuses huiles essentielles.
Aujourd’hui, je vais mieux.
La fièvre est tombée d’elle même à 38°3. Pas de quoi encore crier victoire, mais c’est le signe que l’infection régresse. Preuve en est que j’ai pu vous écrire ce petit message, sans trop divaguer. (J’ai dit “sans trop”… faut pas exagérer non plus. Je ne suis pas une de mes héroïnes prête à remonter en selle juste après avoir accouché )
Et que j’ai pu prendre cinq minutes de soleil depuis la terrasse de mon appartement. Cinq pas plus.
Car contrairement à ce que l’on pense, en cas d’infection virale le soleil est un faux ami. Il participe à la montée de température. Mieux vaut rester à l’ombre et se reposer au frais.
Le programme idéal, me direz-vous, quand justement on vient aux Canaries pour profiter de ses bienfaits.
Comme dit mon cher époux, qui pour l’instant se porte bien: Je sens que tu vas reprendre l’écriture avec l’envie d’égorger quelqu’un.
Reste à savoir qui…
Bah, j’ai au moins deux jours encore de covid pour trouver.
Je vous donne rendez-vous la semaine prochaine, avec les quelques images que j’aurai réussi à glaner samedi si, comme je l’espère, je suis en capacité, raisonnable, de bouger.
En attendant, prenez soin de vous.
Je vous embrasse. Ah ben non… pas cette fois… mais le coeur y est.
Mireille
