Kessel

A la découverte des écrits de mon époux: Gérard Sansey

Mardi 22 octobre 2024: Fables et poèmes.

Mes biens chers vous, 

La semaine dernière je vous ai invité à découvrir le romancier au travers de mon époux Gérard Sansey. Voici, pour continuer ce voyage à ses côtés, deux fables, issues de ses recueils (quatre au total) et deux poèmes dont l’un, qui me fut destiné ponctua notre rencontre il y a 34 ans… 

À cette époque, nous donnions ensemble des spectacles chant/poésie. Et nous ressemblions à cela :

Bon voyage en vers et contre tous, puisqu’ainsi est la fable: Elle peint l’absurdité et les travers humains, pour mieux faire l’éloge de la vie.

Voici d’ailleurs comment lui même la présente:

L’intarissable puits du délire de l’Homme 
Avec celui sans fond de sa perversité 
Ont éclairé ma verve à la réalité. 

C’est elle que je peins sans en être économe. 

La fable n’a jamais, depuis son origine, 
Fait affront à la loi qu’induit sa discipline 
D’éclairer le lecteur, quel que soit le sujet.

LE RESCAPE

Un Quidam Ordinaire et même transparent
Par deux fois au danger réchappa sans dommage...
réciser chaque cas n'est d'aucun avantage
Mais sachons seulement qu'il devint différent :
Cet homme jusque-là placide et débonnaire
Se révéla soudain inquiet puis austère,
S'interrogeant beaucoup, voulant savoir enfin
Pourquoi lui n'avait rien où d'autres touchaient fin.
Il plongea sans tarder dans des affres mystiques
Qui, loin de lui fournir des réponses logiques, 

L'entraînèrent plutôt vers les bords sanieux 

Des sectes, sous couvert d'actes religieux.
Arrêtons, s'il vous plaît, ces éveils à croyance
A travers quelque fait qui revient à la chance.
Ils sont gentils, ces gens qui, bien innocemment,
Se demandent pourquoi quand l'énigme est : comment ?
Mais.. Recherchant un sens où se trouve le vide,

Ils cautionnent tout droit le parasite avide 

Qui prospère partout où mystère fleurit.
Allons, mes bons amis, stimulons notre esprit !
Quel souci la planète, et donc mieux l'univers, 

Auraient-ils pour un être ayant à leur échelle 

Tout autant d'intérêt qu'à la nôtre les vers !
C'est montrer un orgueil de taille exceptionnelle
Que se croire important dans ce vaste cosmos...
Ou reporter sur soi tout son propre pathos.
En tout événement, le sens provient de l'Homme.
Avant lui notre monde avançait, autonome,
Régi par des ressorts dont la conjonction 

Menait vers équilibre et prolongation,
Sans besoin pour cela du moindre maître d'œuvre.
La nature n'a pas changé cette manœuvre.
Aussi reste-t-il vain de chercher des motifs
A l'aboutissement de ces chaînes causales
Dont tout l'agencement dépasse nos actifs.
Bien des faits sont issus d'origines banales.

DE LA VALEUR DU VENT. 

Je Supporte Assez Mal cette propension

A vouloir ajouter quelque valeur factice

Par des mots, à des biens de consommation 

Nécessaires, n'ayant nul besoin d'artifice.

Un client ordinaire avançait vivement

Au milieu des rayons d'une grande surface, 

Cherchant de tous ses yeux un banal élément

Qu'on appelle le sucre, en poudre ou bien en glace.

Ayant atteint l'endroit où pouvoir se servir

Comme à l'accoutumée, il n'eut pas le loisir 

D'accomplir un seul geste : un vendeur temporaire 

L'abordant prestement lui fit maint commentaire

Sur la douce substance objet de son désir.

Le produit avait nom fructose ou saccharose

- Abrégeons une liste où maint autre maltose

S'étalait à l'envi - augmentait le plaisir 

Du palais des gourmets. 

Une glucoserie Le fabriquait avec un soin fort délicat...

Il est pour définir tel discours d'avocat

Un autre mot - grossier - se terminant en "rie".

Lorsque notre homme enfin put saisir un paquet, 

Ce fut pour constater son aspect plus coquet ;

La surprise du prix, par contre fut moins bonne

Lorsqu'il fallut régler l'hydrate de carbone.

Avez-vous remarqué pour le pain, le coiffeur

Ou le sel comment s'est établi tout un vocabulaire

Venant leur conférer un peu plus de valeur ?

Eh bien ce procédé ne fait pas mon affaire !

Vous voulez augmenter le prix de quelque bien ?

Haussez sa qualité : dès lors, plus d'entretien

Avec les acheteurs ne sera nécessaire...

Ils reconnaîtront seuls un meilleur savoir-faire.

Petit tour maintenant en poésie. Le premier texte est issu du recueil qu’il m’a consacré: Les chants du bout du rêve…

TOI.

Menue et printanière au-delà des saisons
Il existe une fleur qui lorsqu'elle s'enflamme, 

Résonne en harmonie à cent diapasons 

Et traduit en chansons le meilleur de son âme.
Il serait insensé de vouloir en secret
L'emporter vers l'ennui de serres confortables :
L'espace est son domaine et le vent son jarret 

Et je vois Liberté dans ses yeux adorables.

CREPUSCULE   MARIN

L’océan respirait de son souffle puissant

Qui roulait vers la dune en vagues de tonnerre

Dans les derniers rayons d’un soleil rougissant

Dont le disque bientôt s’unirait à la terre.

Près du fleuve de feu venu de l’horizon,

Sur l’azur infini du flot qui se balance,

Un esquif solitaire avançait en silence

Comme un rêve échappé d’une sombre prison.

Cette heure était tranquille et les plages désertes

Hormis les grands oiseaux dont les ailes alertes

Se meuvent lentement dans les souffles du vent…

Je goûtais sans réserve au bonheur de l’instant.

Ces moments sont si forts, empreints de solitude,

Quand la reine Nature, en toute quiétude,

Vient reprendre aux humains son domaine éternel

Qu’on ressent dans son cœur comme un lointain appel :

J’ai saisi mon pipeau qui dormait sur les herbes

Et, privé du plaisir de te tendre les bras,

J’ai lancé des refrains comme on lance des gerbes

Vers toi, qui, je l’espère, un beau jour m’entendras.

Ces textes vont ont plu, vous souhaitez en savoir plus, en lire d’autres? Une seule adresse: calmelofficiel@gmail.com

Vous pouvez aussi en parler directement avec Gérard au 06 12 39 00 25. N’hésitez pas à lui laisser un message vocal, il se peut qu’en cette saison, il soit aux champignons. Mais il vous rappellera, soyez en certain.

Belle semaine à tous.

Je vous embrasse

Mireille

Les rendez-vous de Mireille Calmel

Par Mireille Calmel

Je suis née en décembre 1964, et depuis, je n’ai eu de cesse de me battre contre la maladie, la peur, l’adversité.

Condamnée trois fois par la médecine traditionnelle, j’ai eu la chance, immense, de m’en sortir grâce à ma mère, célèbre guérisseuse dans le midi de la France, mais aussi par l’usage des plantes médicinales, des huiles essentielles et une hygiène de vie rigoureuse.

Ma force, mon énergie, c’est dans l’écoute, le partage avec les autres et surtout, surtout dans l’écriture que je la puise.

Voici vingt cinq ans, j’ai signé mon premier contrat d’édition dans la prestigieuse maison XO pour un roman intitulé “Le lit d’Aliénor” qui allait séduire plus d’un million et demi de lecteurs.

Depuis, j’enchaîne les best-sellers. 32 à ce jour, toujours chez XO, car je suis d’un tempérament fidèle.

Mais cette réussite, c’est surtout à vous, mes millions de lecteurs que je la dois.

Ce sont vos regards qui pétillent, nos rires partagés, nos moments complices qui font mon bonheur. Qui font que la petite fille terrifiée d’hier est parvenue à s’aimer un peu. Juste assez pour rester humble face à tout cela et vouloir vous transmettre le meilleur de ce qu’elle aime, de ce qu’elle connaît.

Sans autre prétention que cela: vous remercier du fond du coeur de votre confiance sans cesse renouvelée.