Mardi 8 juillet 2025
Mes biens chers vous,
Je n’étais qu’une jeune maman adorant raconter et lire des histoires à son fils quand un roman tiré de la bibliothèque du village m’a donné le goût du polar historique. Jusque-là, j’avais lu beaucoup, énormément, Dumas, Hugo, etc… ( la liste est trop longue pour vous les citer tous) et si j’aimais le roman d’aventure historique, je ne pensais pas vraiment qu’il pouvait s’habiller de noir. Peut-être parce que la souffrance était accrochée à mes pas depuis l’enfance et que j’avais trop besoin, enfin, de vivre dans la lumière.
Tout ce que j’écrivais en parallèle de ma vie de femme et de maman en était serti et restait très contemporain, à quelques exceptions près.
Il a fallu que, blottie contre Anaël, j’entre dans Le Château des Poisons pour, brusquement, découvrir que si le noir vivait d’ombres, il n’existait que dans l’espoir de la lumière. Dès lors, les plus grands maîtres du thriller et du polar se sont invités à mes nuits blanches.
Mais Serge Brussolo est resté pour moi le plus grand.
Alors aujourd’hui, j’aimerais à la fois lui rendre hommage en vous le présentant, mais surtout vous donner à découvrir l’étendue de son talent. Et faire vibrer votre été.
Né à Paris en 1951, Serge Brussolo écrit comme on respire dans un monde qui ne vous laisse pas toujours respirer. Son enfance marquée par l’enfermement, la solitude, la brutalité du réel, a forgé une plume unique, toujours en tension entre cauchemar et espérance. Dès ses premières nouvelles, il donne le ton : un univers d’une densité saisissante, où l’imagination et la noirceur se livrent une bataille intime.
Il commence dans la science-fiction (Funnyway, Grand Prix de la science-fiction française en 1979), mais très vite, il explose les genres : fantastique, thriller, polar historique, littérature jeunesse. Qu’il écrive pour les adultes ou pour les adolescents, ses histoires sont toujours traversées d’une inventivité folle et d’une émotion souterraine.
Dans Le Château des Poisons, justement, il distille cette alchimie magistrale entre la rigueur de l’Histoire, la violence des passions humaines et une atmosphère à la fois baroque et suffocante. Comme je vous l’ai dit, une vraie révélation pour moi. J’ai commencé l’écriture du lit d’Aliénor peu de temps après.
Brussolo, c’est plus de cinquante romans pour adultes, plusieurs séries jeunesse traduites dans le monde entier (Peggy Sue et les fantômes, Sigrid et les mondes parallèles), des prix prestigieux (Prix Apollo, Prix du Roman d’aventures, Grand Prix RTL-Lire), et une constance dans l’excellence. Avec des centaines de milliers, voire plusieurs millions d’exemplaires vendus à travers le monde, il reste l’un des auteurs français les plus prolifiques et les plus traduits, même si la discrétion de ses chiffres reflète aussi la modestie de sa carrière.
On dit parfois qu’il est inclassable. Moi je dirais qu’il est irremplaçable.
Si vous aimez les histoires où chaque page est une porte, où le mystère est palpable et la beauté inquiétante, découvrez-le, lisez-le, partagez-le. Commencez peut-être par Le Château des Poisons… puis laissez-vous happer par Les Semeurs d’abîmes, Le Chien de Minuit, La Moisson d’hiver, Le cavalier du Septième jour, Le suaire écarlate, ou encore ses magnifiques récits pour la jeunesse.
Je n’ai été déçue par aucun… Et il y a toujours un de ses romans qui traîne dans ma tête et mon cœur.
Et comme je ne suis pas la seule à crier au génie, loin sans faut, voici deux critiques parmi des centaines d’autres.
« Serge Brussolo : une véritable bombe à fragmentation qui cumule les effets de choc du roman de terreur et d’épouvante, ceux du souffle de l’anticipation, la puissance de feu du roman populaire, la violence du polar pur et dur, la ruse du récit d’énigme, le glauque meurtrier du roman noir. » J.-P. Deloux, Le Magazine littéraire
« Tous les éditeurs en conviennent : Serge Brussolo est un genre littéraire à lui tout seul. » Philippe Hupp, Le Nouvel Observateur
Parce que les maîtres ne meurent jamais tant qu’on les lit. Et que celui-ci, à mon sens, est déjà une légende.
Merveilleux été à tous…
Mireille